LES CLÉS.

 

Un cri d’effroi retentit dans l’aube blafarde.

« J’ai perdu mes clés, je vais être en retard »

« elles ne sont pas dans mon sac à main/poche de veste, ni sur le buffet dans l’entrée, ni dans la cuisine … que vais-je faire. »

Puis les clés sont retrouvées, le problème résolu et la journée peut se passer.

Et le lendemain matin un cri d’effroi retentit dans l’aube blafarde. Etc… tous les jours pendant des années.

 

A la maison vous pouvez remplacer mes clés par mon Smartphone, mes pilules, mon portefeuille, mes lunettes etc… sans limite. Au bureau ou à l’atelier c’est ma convocation, mon dossier … ma clef de 10, mon tournevis cruciforme, ma perceuse.

Il suffit de les mettre toujours au même endroit … si vous croyez que j’ai le temps de me préoccuper des clés quand je rentre. On a jamais 2 secondes pour éviter d’en perdre 20.

 

Retrouver ses clés c’est une action corrective, qui corrige le problème, on va s’attaquer aux actions préventives, qui empêchent les problèmes de se produire … définitivement.

A quel moment les clés sont elles perdues ? Pas quand on les cherche. Quand on rentre le soir, les clés à la main on décide de les perdre ou pas. Les ranger représente un effort apparemment insurmontable, il faut donc réfléchir à ce que l’on peut faire des clés pour ne pas avoir d’effort à faire, et pouvoir contrôler ensuite, toujours sans effort, qu’elles sont bien au bon endroit. Un joli crochet sur le coté de la porte fera sans doute l’affaire, et le problème sera réglé, pour toute la vie.

 

6 S

Le fameux principe japonais du 5S est basé la dessus.

Seiri : Sort = Trier, supprimer ce qui n’est pas nécessaire et qui encombre inutilement.

Seiton : Set in order =ranger, mettre chaque chose à un endroit où soi-même ou n’importe qui d’autre pourra le trouver immédiatement. Mettre en vrac dans le tiroir pour que le patron croit qu’on a rangé, ça s’appelle cacher, pas ranger. C’est aussi sécuriser, simplifier la zone de travail.

Seiso : Shine = nettoyer, ou mieux ne pas avoir besoin de le faire.

Seiketsu : Standardize = standardiser, uniformiser, tout pareil.

Shitsuke : Sustain = pérenniser. Cela ne veut pas dire figer la chose pour l’éternité, mais ne la modifier que si on a trouvé beaucoup mieux.

 

 Dans un atelier ce sont des allées toujours dégagées, avec séparation du passage piétons et du passage des chariots élévateurs, avec les marquages au sol nécessaires. Un endroit délimité pour les palettes, un autre pour le rechargement des chariots. Chaque outil à sa place, si possible dessiné sur un panneau, chaque composant toujours dans le même bac.

La plupart de nos artisans et autres ateliers n’ont pas attendu les japonais ni les consultants pour le faire.

 

Les trucs japonais sont basés sur trois principes simples.

-pas de temps perdu : 5S, zero muda, lean manufacturing

-pas de matière perdue :  zero defaults, total maintenance,  6 sigma

-pas de stock : just in time, kanban, smed

Tout ça avec la participation active des gens concernés.

 

Ça marche très bien au Japon qui a une tradition de discipline et une fidélité réciproque entre salariés et entreprise, beaucoup moins bien en France avec sa tradition d’individualisme et de lutte des classes (tout ça c’est pour que le patron s’en mettre encore plus plein les poches).

 

Il faut chez nous apporter deux préalables, créer la confiance et ajouter le 6éme S aux 5 précédents.

Ce sixième S ce sera Smile ou Sourire : il faut transformer ça en un jeu, un amusement, avec des affichages, des photos avant-après, des concours, et un patron qui vient de temps à autre pour se faire expliquer et admirer le travail réalisé et donner des  encouragements et jamais de critique.

Quand on a fini avec l’atelier, on s’attaque aux bureaux, à commencer par celui du patron, qui, en toutes choses doit montrer l’exemple.