LA STRUCTURES APPRENANTE.

BASIC DESIGN ou BUREAU D’ÉTUDES PROJETS

 

-Quantitativement le Basic design d’I.H.I. ne semble pas en faire plus que le service projets de La Ciotat.

 

-Qualitativement par contre …

 

Le Basic Design délègue 2 ou 3 ingénieurs à temps plein chez le Client potentiel dès qu’une affaire est probable, ce qui permet de gagner beaucoup de temps par la suite.
a- chaque point de la spécification technique discutée avec le client est définitivement arrêté : par une finalisation à 95% des négociations avec le client, au plus tard 1,5 mois après signature du contrat, donc bien avant la passation au Bureau d’Études, et par référence aux Standards IHI acceptés globalement ou en détail par le Client et les Sociétés de Classification.

 

b- La liste des fournisseurs possibles est limitée à ceux bien connus d’IHI (partenariats, spécifications de fournisseurs standards).

 

La réunion finale avec le Client est la A MEETING.

 

-Le Basic Design formalisa la passation du dossier au chantier exécutant de façon planifiée et rigoureuse, au cours d’une réunion entre le bureau d’études du chantier et le Basic Design. Rien ne peut rester dans l’ombre. Le budget de construction est également négocié. C’est le B MEETING.

 

-Le Bureau d’Études effectuera les études fonctionnelles par systèmes ou fonctions. Simultanément sera décidé le découpage du navire en blocs, et sous-blocs (en général les ponts d’un même bloc). Ce travail terminé est approuvé par le Client et la Société de Classification.

 

-Puis les Études fonctionnelles transmettra le dossier aux Etudes de Réalisation au cours du C MEETING, qui sera encore une négociation et explication. Là la paire de ciseau et le rouleau de scotch entreront seront mis en œuvre pour découper au propre comme au figuré les plans et nomenclatures fonctionnelles en plans et nomenclatures par zone, blocs, sous blocs et palettes. 
-Enfin le dossier sera transmis, négocié, expliqué aux services de production lors du D MEETING.

 

-Le secret extraordinaire c’est le dernier meeting, le E MEETING, où tout le monde se mets autour de la table, de la production au Basic Design pour étudier les voies d’amélioration dans la conception du navire pour qu’il soit plus économique, plus simple et plus rapide à construire. Il n’y a pas d’action qui ne soit menée en dehors de la philosophie du PlanDoSeeCorrect (en un seul mot, comme eux le prononcent) , E MEETING en est l’exemple le plus emblématiques, on a tout planifié lors des précédents meetings, on a réalisé au plus près de la planification, on a contrôlé toutes les performances, et on boucle par ce dernier meeting qui permet de corriger les imperfections et ainsi de progresser.

-La commission des standards dépend de la design division de Tokyo qui englobe la Basic Desing et le Detail Desing (Bureaux d’Etudes) des chantiers.

 

 

BUREAUX D’ETUDES.

 

-Les Bureaux d’Études ne cherchent pas à faire les plus beaux du monde, quoi qu’ils ne soient pas moches, ni les plus performants, quoi qu’ils soient corrects, ils travaillent pour que les navires soient les plus faciles possible à produire : PRODUCTION ORIENTED DESIGN , comme HENRY KAISER faisait avec les liberty ships.

 

-ORGANISATION ASSURANT DEUX FONCTIONS DISTINCTES.

 

1-FUNCTIONAL DESIGN ou ÉTUDES FONCTIONNELLES aboutissant à la définition, pour les approvisionnements, de TOUTES LES MATIÈRES ET MATÉRIELS 5 à 6 mois avant quillage.

 

2-WORKING DESIGN ou réalisation de tous les plans nécessaires et suffisants à l’exécution des travaux et définissant le contenu complet des Palettes en matières et matériels en relation CONSTANTE avec les sections de PRODUCTION.

 

-Utilisation maximale des STANDARDS dans ces deux fonctions.

 

-Réutilisation systématique des documents dessinés au détriment parfois de leur clarté. Un petit croquis sur un coin de table peut faire l’affaire, ciseaux et rouleaux de scotch sur des photocopies des plans (J’y ai vu des photocopieuses gigantesques.).

 

-Même pour les études le planning est sacré, de toute façon ce qu’on a pas fini le soir, on le finit la nuit ou le Samedi suivant.

 

APPROVISIONNEMENTS

 

-Centralisation de la puissance d’achat au siège à Tokyo.

 

-Partenariat sur le long terme avec les fournisseurs et sous-traitants. Il sont bien traités mais gare au moindre retard sur le planning.

 

-Suivi des approvisionnements sur les chantiers par les utilisateurs. 0,8% de produits manquants à la date de besoin de l’atelier, invraisemblable pour nous, encore inacceptable pour eux.

 

-Les procédures avec les fournisseurs sont tellement standardisés et la confiance telle qu’un coup de téléphone suffit pour passer une commande.

 

 

 

 

 

Depuis les années 60 la stratégie de diminution des couts s’est concentrée sur la diminution de la quantité de travail à bord, d’où pré-armement à terre et réduction des délais sur cale et à flot, et sur l’orientation des études pour optimiser la production.

 

Aujourd’hui, on peut remarquer que :

 

-Pour chaque construction nouvelle , le Directeur de la Production définit en une page la politique générale à suivre, en se référant si possible à un navire précédant.

 

-Le planning est souverain, les conséquences des aléas sont résolues par les heures supplémentaires, voire la sous-traitance. Les procédures de planification et d’ordonnancement sont des Standards.

 

-Les Objectifs sont diffusés au plus bas niveau, mais s’accompagnent toujours des moyens envisagés pour les atteindre ; les résultats sont ensuite analysés minutieusement jusque chaque ouvrier sur des procédures formalisées.

 

-Au top départ des travaux, TOUT les documents de management sont achevés : plannings, budgets, objectifs détaillés, réception des matières et matériels.

 

-L’organisation de la hiérarchie est simple : Ouvrier – Chef d’équipe – Contremaitre – Chef de Section. Mais la présence du staff de 2 à 5 cadres assistant le chef de section et les contremaitres pour les plannings, l’ordonnancement, la gestion des outillages, des moyens, des investissements, les relations avec le BE et les approvisionnements.

 

-Les domaines de responsabilité sont clairs et connus de tous.

 

-Le niveau culturel minimum est celui du bac, ce qui fait que finalement la ration Frais généraux/Productifs est moitié de celui de la NORMED.

 

-La coordination Navires est assurée par la hiérarchie en sus de ses fonctions ordinaires : ce qu’on appelle chez nous l’Ingénieur Navire ou Shp Manager est un des chefs de Section.

 

 

PLANIFICATION – GESTION DES COUTS – PROCÉDURES.

 

Le ONE RIGHTING SYSTEM est à la fois très simple et strictement codifié, le plus souvent manuel. Les documents sont conçus pour s’enrichir au fur et à mesure que le travail de préparation se précise. Ainsi on ne réécrit jamais deux fois la même chose, ce qui minimise aussi bien le temps de travail que les risques d’erreur. Là encore la photocopieuse est reine.

 

Pas de bon de travail ou de lancement comme chez nous : c’est une prévision par objectifs successifs qui sont estimés par des quantités d’unités d’œuvre et des ratios, le suivi et les prévisions sont manuels sur des documents standards.

 

Le suivi de l’activité est en général global au niveau de l’équipe et pas individuel. Débarrassé du système de boni individuel qui est la nome chez nous, le système de paie est extrêmement simple, alors que la pression du groupe semple plus efficace que la pression de la paie.

 

L’attitude vis-à-vis de l’informatique est extrêmement prudente, aussi bien en gestion qu’en CAO :  un système ne sera informatisé que si cela apporte un gain certain par rapport à la version manuelle parfaitement rodée. C’est pourquoi certains éléments, comme la CAO, paraissent en retard par rapport à ce que nous faisons, mais sont en fait au moins aussi efficaces.