CHANTIERS NAVALS DE LA CIOTAT.

La construction navale existe à La Ciotat depuis des temps immémoriaux, mais la véritable naissance date du rassemblement en 1835 de petits chantiers épars en un ensemble cohérent. En 1838 est lancé le premier vapeur à coque acier, puis en 1854 le premier paquebot à hélice ; à cette époque le chantier d’AIOI n’avait jamais vu que des jonques de pêche.
En 1851 il appartient à la Compagnie des Messageries Impériales qui deviendront en 1870 les Messageries Maritimes. En 1916, il est cédé à la Société Provençale de Constructions Navales, créée à cet effet. En janvier 1940, le groupe Terrin rachète la société et fonde les Chantiers Navals de La Ciotat.

 

 

La Ciotat ne vit que de son chantier qui occupait 2800 personnes en 1950, et après une modernisation considérable en 1968, l’effectif montera à plus de 6.800 personnes, près de 10.000 en comptant les sous traitants. C’est alors le second plus grand chantier en France, très près des Chantiers de l’Atlantique, très loin du troisième, il lance 100.000 tonnes de coque métallique par an, comme AIOI à la même époque, sa trésorerie est florissante grâce à son excellente gestion et aux aides de l’État.

 

 

Fin 1982 le gouvernement impose une fusion entre les chantier de La Ciotat, de La Seyne et de Dunkerque, avec la décision de baisser les aides, donc la charge des 3 en même temps. Les 3 sont condamnés ce jour là, on ne nous le dit pas, bien au contraire, mais c’était inéluctable.

SITUATION FINANCIÈRE COMPARÉE .

Un levier financier de 10, et des frais financiers énormes., laissent présager des problèmes financiers imminents, dans le groupe I.H.I. mais c'est relativement courant au Japon.

 

 

 

Les résultats des 6 principaux groupes japonais de construction navale montrent que toute la profession est dans la même situation (bilans parus en 1986 et variation par rapport à l’année précédente).

Le chiffre d’affaires, comme les actifs d’IHI sont 25 fois supérieurs à ceux de La Ciotat avant la fusion, je comparerai donc IHI/25 et CNC, comparaison osée étant donné la différence de taille, mais qui donne quelques idées. Très instructif est le ratio de chiffre d’affaire par employé qui donne une bonne idée de la productivité : 1,027 millions de Francs pour IHI1985 et 0,278 pour LaCiotat1981 soit 3,7 fois moins. Ce chiffre est parfaitement cohérent avec les données constatées d’une productivité 3 à 4 fois supérieure.
Tous les chiffres sont ramenés en millions de Francs de 1985.

 

La situation des dettes par rapport aux capitaux propres est saine à La Ciotat (avec les aides de l’État) et dangereuse chez IHI, surtout avec des dettes court terme considérables.

La Ciotat a des bâtiments et outillages plus jeunes, tandis qu’IHI a un stock presque 3 fois plus faible, cohérent avec l’organisation en juste à temps.