Chantiers Navals de la Ciotat

Nous commémorons cette année le trentième anniversaire de la mort des Chantiers Navals de la Ciotat.

Les médias dirent que la faute en revenait à la concurrence déloyale des pays asiatiques, Japon puis Corée, ou de directives européennes. Tout le monde l'a cru, tellement c'était rassurant à entendre.

J'ai travaillé12 ans dans ce chantier, et j'en connaissais très bien le fonctionnement.
Puis j'ai participé à une mission de transfert de technologie au Japon dans le groupe I.H.I.qui a duré en tout près de 6 mois.

Nous avons rencontrés le PDG du groupe à Tokyo, et je lui ai posé la question :

"pourquoi vendez vous votre savoir faire à des concurrents qui pourront l'utiliser contre vous ?"

le réponse fut cinglante, et étonnante pour un japonais si poli :

"parce que vous ne serez pas capables de l'utiliser."

Quelques semaines de travail dans ses chantiers nous ont convaincus qu'en effet nos chantiers navals avaient accumulés tellement de retard qu'il serait impossible de se relever avant la fermeture inéluctable.

Et pendant ce temps là .... les directeurs de La Ciotat s'entretuaient et  les ouvriers étaient en grève !

C'est cela que je vais vous raconter. Comment en moins de 30 ans les japonais ont accumulés un tel savoir faire que leurs navires coutaient 2 fois moins cher à fabriquer, 3 fois moins d'heures de travail, 25% de valeur des approvisionnements en moins.